Les chiffres du dernier recensement montrent une croissance rassurante pour Landerneau et la CCPLD avec respectivement + 3 % et + 0,6 %. Landerneau atteint donc les 15 794 habitants (voire 16 527 si on intègre les « comptés à part » : étudiants, militaires…vivant hors de Landerneau mais ayant leur domicile officiel sur la commune) et la CCPLD les 48 743 habitants. Ces chiffres font de Landerneau la 4ème ville du Finistère, juste devant Guipavas avec 14 842 habitants et + 1,2 % et rapproche la CCPLD du seuil des 50 000 habitants nécessaire pour en faire une communauté d’agglomération ce qui implique de nouvelles compétences. Très bien, le territoire reste attractif.

Toutefois, quand on y regarde de plus près les chiffres actuellement mis à disposition par l’INSEE, ce tableau est bien moins rassurant. Deux évolutions préoccupantes et inquiétantes pour l’avenir.

La première est l’évolution par tranches d’âge de la population. Landerneau est une ville qui vieillit du fait d’un déficit de naissances et d’une hausse des décès depuis 2007 : 164 naissances par an en moyenne depuis cette date, seulement 129 en 2019, 170 décès par an en moyenne depuis 2017, 192 en 2019. Elle vieillit aussi davantage que d’autres villes finistériennes comparables (Concarneau, Morlaix, Quimperlé ) et davantage que le département : de 2007 à 2017, le nombre de plus de 60-74 ans a augmenté de 39 % à Landerneau contre 29 % dans le Finistère. Cette évolution a une incidence sur le dynamisme du territoire. Ainsi, par exemple, la population scolaire baisse considérablement depuis des années : la ville a perdu près de 14 % d’élèves (294 enfants) depuis 2007. La CCPLD connaît la même évolution avec une hausse de 42 % de la population des 60-74 ans.

La seconde évolution inquiétante concerne l’évolution des catégories socio-professionnelles (CSP) : Landerneau devient une ville de population aisée. La population de cadres a davantage progressé à Landerneau que dans la CCPLD : + 29,4 % contre 12,8 %. Alors que ce chiffre augmente à Landerneau, il baisse dans les autres villes comparables du département ( Concarneau, Morlaix, Quimperlé ) : de moins 47 % à moins 30 %. Corrélativement, le nombre d’ouvriers baisse de 9,4 % à Landerneau. De la même façon, si le taux de chômage actuel dans le bassin d’emploi de Landerneau (CCPLD et CC Côtes des Légendes) est comparable à ce que l’on trouve ailleurs dans le Finistère, dans la commune de Landerneau, entre 2007 et 2017, le nombre de chômeurs a augmenté de 53 %.

On voit donc, que au delà de la croissance apparente rapportée, les signes inquiétants pour l’avenir s’accumulent. Quelle sera la situation démographique de la ville et de la CCLD à l’horizon 2030 si la politique actuellement suivie de change pas, une ville de « cheveux gris à revenus élevés » ? Pourtant, rien, ou peu n’est fait, notamment en matière de politique d’habitat vers les jeunes, vers les familles, vers les populations à budgets modestes. Cette évolution inquiétante est le résultat de la politique de la majorité depuis 12 ans : rendre la ville attractive pour des quinquas avec des grands enfants, pour des retraités se rapprochant des services et pour des populations à revenus élevés. Ou est passée l’exigence de mixité sociale et intergénérationnelle promise dans le programme de la majorité ?

Le collectif « Landerneau pour tous » avancera, en temps et en heure, des propositions pour préparer un avenir plus serein pour nos aînés, nos enfants et une ville plus accueillante pour toutes les catégories socio-professionnelles.

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